Gilbert Tiberghien, salut et respect !

Bonjour, je veux vous parler de Gilbert Tiberghien, que j'ai eu l'occasion de rencontrer dans mon parcours de théâtreuse et qui est mort dernièrement.
Tout au long de notre existence, on rencontre beaucoup de personnes, surtout si, sans en avoir le statut, on est une intermittente (toujours bondir et rebondir...).


J'ai travaillé avec Tiber à deux reprises : une première fois sur le Misanthrope mis en scène de Jean Pierre Nercam en 1989 à Bordeaux et joué dans le Hangar 5 (!) et une seconde fois dans le cadre d'un atelier sur Aristophane (Les Thesmophories)  à la Manufacture de Chaussures sur les boulevards, en face de Bègles, nous avions préparé la pièce pendant une semaine et nous l'avions jouée devant un public fourni.

gilbert Tiberghien, théâtre, bordeaux
Crédit photo : Enki Djipa
Tiber (Philinte)  m'avait surprise lors de la première lecture du Misanthrope : il lisait d'une voix neutre, sans nuances ; et puis, par la suite, pendant les premières répétitions, il disait son texte à plat. Je m’interrogeais, sans le lui dire, sur cette interprétation "sans jeu". Peu à peu, il a composé son personnage et devenait un partenaire impressionnant de sensibilité et de puissance. J'ai compris que, au lieu de se jeter dans le rôle, il l'approchait à petit pas et construisait son Philinte, à la lueur des indications de Jean-Pierre et de sa sensibilité. Ce fut pour moi une révélation sur l'approche d'un personnage et j'ai retenu la leçon implicite.

J'aimais son regard brillant et passionné, son calme apparent, son respect des autres, son humour, sa gentillesse, sa simplicité. Il ne jugeait pas, il avançait. Il me semblait un travailleur acharné, un chef de troupe, ce qu'il était. Il ne faisait pas de distinction entre l'amateur et le professionnel de théâtre et je le rejoins car le théâtre n'appartient à personne...

Dernièrement, j'ai suivi son départ du TNT avec intérêt, ne comprenant pas comment un homme comme lui pouvait avoir des difficulté à trouver un lieu de travail et de création. Les institutionnels ne se rendent pas toujours compte du talent des vivants.
Heureusement il n'était pas seul et ses compagnons de scène ne l'ont pas laissé tomber !!!

Quoi qu'il en soit, il a poursuivi sa route malgré les obstacles, toujours sur scène et toujours debout !
Il l'est toujours dans ma mémoire, avec son sourire en prime.

Le 21 mars, une cérémonie était organisée dans le parc cimetière de Mérignac, il y avait beaucoup de monde.

Je suis heureuse de l'avoir rencontré et d'avoir travaillé avec lui. Je suis triste qu'il soit mort.

Voilà le site de sa compagnie (cliquez sur l'image) :
compagnie Tiberghien LE LIEU SANS NOM 12 rue de Lescure - 33000 BORDEAUX


Salut Tiber et respect !




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